Le Mot du Président

Cent ans de plaisirs !

En 1908, Paris rayonne. La Belle Epoque multiplie les innovations spectaculaires. Si l’on n’a pas d’Hispano, on circule avec le nouveau métro. Grâce à la généralisation du gaz d’éclairage, la ville devient Ville Lumière.
Paris excelle ! La gastronomie est en ébullition. Place Vendôme, dans la salle à manger du Ritz, aristocrates, célébrités et capitaines d’industries s’initient aux joies du « menu à la carte », une innovation mise au point par le grand César Ritz et l’illustre Auguste Escoffier.
À la tête du prestigieux restaurant Larue, un génial casseroleur, Edouard Nignon, subjugue l’élite de l’époque avec ses audacieuses recettes.
Ancien cuisinier du Tsar Nicolas II et de l’Empereur d’Autriche, il bouleverse les usages, joue les contrastes de saveurs, ouvre la cuisine française aux épices exotiques. Le Tout Paris se bouscule pour découvrir son « Koulibiak à l’Impériale », le « Curry de Homard Kapurthala », mais aussi un simple Gratin d’Endives à la Moelle ou un Chou Farci à la Poularde de Houdan !
Le grand Pellaprat enseigne la cuisine moderne dans son Ecole du Cordon Bleu. Il multiplie les ouvrages de vulgarisation. Il en publiera plus de quarante (dont un spécialement dédié aux utilisateurs de fourneaux La Cornue). Après les plaisirs de la table, ceux du cabaret ou du Music Hall appellent les bons vivants.


Paris pétille : Champagne et Cancan !


À la fois parfumeur, inventeur, client assidu des bonnes tables, Albert Dupuy qui se définissait lui-même comme « gourmet, gourmand et gastronome », dépose le brevet d’une « Rôtisseuse Pâtissière La Cornue à gaz ».
Ce fourneau révolutionnaire exploite le principe de la circulation naturelle de l’air chaud dans un four en « voûte de métro ». Cette idée simple et moderne évite le dessèchement des mets lors de la cuisson. Elle sera la clé du succès de La Cornue jusqu’à nos jours et permettra à plusieurs générations d’amphitryons de se livrer à leur passion culinaire pour le plus grand bonheur de leur entourage.
Inutile de le dire, cent ans plus tard, notre amour de la cuisine demeure intact.


Xavier Dupuy